Planification de plongée à l’air
Réglages avancésvitesse, réserve, autres plongeurs ▾
Le plongeur 1 utilise la conso et la bouteille choisies en haut. Activez un 2e ou 3e plongeur ici : la planification se cale automatiquement sur le plus limitant. Outil pédagogique et indicatif (tables MN90 simplifiées) ; ne remplace ni ordinateur, ni tables officielles, ni formation.
Comment fonctionne ce simulateur : calculs, formules et sources
Ce simulateur s’adresse aux plongeurs autonomes (niveau 2 et plus) qui veulent estimer rapidement, avant la mise à l’eau, si leur autonomie en air permet de réaliser une plongée profonde en tenant compte de la remontée et des paliers de décompression. Il s’agit d’un outil pédagogique et indicatif : il ne remplace ni un ordinateur de plongée, ni les tables officielles, ni votre formation.
1. La pression absolue selon la profondeur
En mer, la pression augmente d’environ 1 bar tous les 10 mètres. La pression absolue ressentie à une profondeur donnée est :
P (bar) = Profondeur (m) / 10 + 1
Exemples : en surface P = 1 bar ; à 20 m P = 3 bar ; à 60 m P = 7 bar. C’est la loi hydrostatique appliquée à l’eau de mer (la pression atmosphérique en surface vaut 1 bar).
2. La consommation d’air d’un plongeur
La consommation de surface (ou SAC : Surface Air Consumption) est le volume d’air, ramené à la pression atmosphérique, qu’un plongeur respire par minute au repos en surface. Elle se situe en général entre 15 et 25 L/min selon la condition physique, le stress et l’effort.
À une profondeur donnée, comme l’air est comprimé, le volume réellement consommé (exprimé en « litres équivalents surface ») est multiplié par la pression absolue :
Conso (L) = Conso surface (L/min) × P (bar) × Temps (min)
Ainsi un plongeur consommant 20 L/min en surface respire 20 × 7 = 140 L/min à 60 m.
3. L’air disponible dans la bouteille
La quantité d’air transportée (en litres équivalents surface) est le produit du volume de la bouteille par sa pression de gonflage :
Air disponible (L) = Volume bouteille (L) × Pression (bar)
Une 12 L gonflée à 200 bar contient 2 400 L ; une 15 L à 230 bar contient 3 450 L. On retranche une réserve de sécurité (par défaut 50 bar) qui ne doit jamais être entamée.
4. La phase de remontée et la consommation associée
La remontée se fait à une vitesse contrôlée (15 m/min par défaut, valeur classique des tables MN90). Le temps de remontée entre deux profondeurs est :
Temps remontée (min) = (Profondeur départ − Profondeur arrivée) / Vitesse (m/min)
Pendant la remontée, la pression diminue continuellement ; le simulateur utilise donc la pression moyenne du trajet pour estimer la consommation :
Conso remontée (L) = Conso surface × [(P départ + P arrivée) / 2] × Temps remontée
5. Les paliers de décompression
Après un séjour prolongé en profondeur, l’azote dissous dans les tissus doit être éliminé progressivement pour éviter l’accident de décompression. Les paliers (à 9 m, 6 m et 3 m) imposent un temps d’arrêt obligatoire. Ce simulateur s’appuie sur une table de décompression simplifiée inspirée des tables MN90 (Marine Nationale 1990, plongée à l’air, une seule plongée par jour). La consommation aux paliers se calcule comme au fond :
Conso palier (L) = Conso surface × P (profondeur du palier) × Durée palier (min)
La durée totale de remontée (DTR) additionne les temps de remontée entre paliers et la durée cumulée des paliers.
6. Le plongeur le plus limitant
Pour une palanquée, la sécurité impose de se caler sur le plongeur le moins autonome. Le simulateur calcule, pour chacun des trois plongeurs, l’air total consommé sur l’ensemble du profil (fond + remontée + paliers) puis la pression de sortie estimée :
Pression finale (bar) = Pression initiale − (Air consommé total / Volume bouteille)
Le plongeur retenu comme « limitant » est celui dont la marge (air utilisable hors réserve, moins l’air consommé) est la plus faible. Si sa pression de sortie passe sous la réserve, la plongée est signalée comme non réalisable en l’état.
Limites et avertissements
- Les paliers utilisés sont une version simplifiée et arrondie des tables MN90 : utilisez toujours vos tables officielles ou votre ordinateur pour la planification réelle.
- Au-delà de 60 m, la plongée à l’air expose à la narcose à l’azote et à la toxicité de l’oxygène : un mélange Trimix et des procédures adaptées sont requis.
- Le modèle ne tient pas compte de la température, du palier de sécurité libre, de l’effort variable, de la décompression à l’oxygène ni des plongées successives.
- La consommation est majorée en cas de stress, de froid ou d’effort : prévoyez toujours une marge.
Sources et références
- Tables de plongée MN90 (Marine Nationale, 1990) — référence des paliers à l’air en France (FFESSM).
- Loi de Mariotte et hydrostatique de base (relation pression/profondeur/volume des gaz).
- Manuels de formation niveau 2/3 FFESSM concernant la consommation d’air, la gestion de l’autonomie et la vitesse de remontée (15 m/min).